ACRE, ARCE : le guide complet des aides France Travail pour créer son entreprise
Publié le 14/02/2026
Créer son entreprise lorsqu’on est demandeur d’emploi est une démarche courageuse, mais elle est loin d’être aventureuse financièrement. France Travail (anciennement Pôle Emploi) a mis en place plusieurs dispositifs pour accompagner les créateurs et repreneurs d’entreprise qui percevaient des allocations chômage. ACRE, ARCE, maintien de l’ARE, CAPE : ces acronymes désignent des aides concrètes qui peuvent changer radicalement votre situation de départ. Ce guide vous explique tout, en langage clair, pour que vous puissiez prendre la meilleure décision pour votre projet.
L’ACRE : l’exonération de charges pour bien démarrer
L’ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise) est probablement la plus connue des aides France Travail aux créateurs d’entreprise. Son principe est simple : pendant une période déterminée après la création, vous bénéficiez d’une exonération partielle ou totale de vos cotisations sociales.
Qui peut en bénéficier ?
L’ACRE n’est pas réservée aux seuls demandeurs d’emploi. Sont éligibles :
- Les demandeurs d’emploi indemnisés ou susceptibles de l’être
- Les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique)
- Les jeunes de 18 à 25 ans (26 ans s’ils sont reconnus handicapés)
- Les personnes créant en zone urbaine sensible (QPV)
- Les salariés repreneurs de leur entreprise en redressement judiciaire
Montant et durée de l’exonération
L’exonération s’applique sur les cotisations de sécurité sociale (maladie, maternité, vieillesse, invalidité, décès). Elle est totale lorsque votre revenu annuel est inférieur à 75 % du PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale), soit environ 34 000 € en 2026. Au-delà de ce seuil, l’exonération devient dégressive et s’annule au niveau du PASS (environ 46 000 €).
La durée de l’ACRE est de 12 mois à compter du début d’activité. En micro-entreprise, le bénéfice peut se prolonger jusqu’à 3 ans via un taux de cotisation réduit progressivement.
Comment faire la demande ?
La demande s’effectue auprès de l’URSSAF dans les 45 jours suivant la date de création ou de reprise de l’entreprise. Le formulaire est disponible en ligne sur le site de l’URSSAF. L’absence de réponse dans les 30 jours vaut acceptation implicite.
ARCE ou maintien de l’ARE : comment choisir ?
C’est souvent le dilemme central pour le demandeur d’emploi créateur d’entreprise. Les deux options permettent de continuer à percevoir vos droits chômage, mais de manière très différente.
Le maintien de l’ARE
Avec le maintien de l’ARE, vous continuez à percevoir mensuellement votre allocation chômage, mais elle est réduite en fonction de vos revenus d’activité. Concrètement, pour chaque jour travaillé déclaré à France Travail, des jours d’ARE sont déduits, ce qui rallonge la durée de vos droits plutôt que de les réduire. Cette option offre une sécurité maximale : si votre entreprise ne décolle pas immédiatement, vous continuez à percevoir un revenu régulier.
L’ARCE
L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) est une option radicalement différente : vous percevez 45 % de vos droits restants en deux versements (50 % à la création, 50 % six mois plus tard). C’est un capital de départ, pas un revenu mensuel.
Exemple chiffré pour comparer
Supposons que vous avez 24 000 € de droits ARE restants :
- Maintien ARE : vous percevez environ 1 000 €/mois pendant 24 mois, progressivement réduits selon vos revenus d’activité.
- ARCE : vous recevez 5 400 € à la création (45 % x 24 000 € / 2) puis 5 400 € six mois après, soit 10 800 € au total - définitivement acquis.
Le maintien de l’ARE est généralement conseillé si votre activité démarre lentement. L’ARCE convient mieux si vous disposez d’un besoin immédiat en capital de départ et êtes confiant dans la rapidité du démarrage.
Le CAPE : le filet de sécurité méconnu
Le CAPE (Contrat d’Appui au Projet d’Entreprise) est un dispositif trop peu connu qui permet de tester son activité avant de se lancer officiellement. Conclu avec une entreprise porteuse ou un organisme d’accompagnement agréé, le CAPE vous permet de :
- Tester votre modèle économique en réalisant des actes de commerce sous le couvert de la structure d’accueil
- Continuer à percevoir vos allocations France Travail pendant la phase de test
- Bénéficier d’un accompagnement structuré sans risque immédiat sur votre parcours d’indemnisation
Le CAPE peut durer jusqu’à 12 mois, renouvelable deux fois (36 mois maximum). C’est une option particulièrement pertinente si votre projet est encore en phase de validation ou si vous hésitez entre plusieurs modèles économiques. Attention : le CAPE précède l’immatriculation, il ne se cumule pas avec elle.
Cumuler intelligemment ces dispositifs
La bonne nouvelle, c’est que plusieurs de ces aides sont cumulables. Voici la combinaison optimale pour un créateur d’entreprise demandeur d’emploi :
- Demander l’ACRE en priorité dès la création : la demande est simple et les économies de charges sont immédiates dès le premier mois d’activité.
- Choisir entre ARCE et maintien ARE selon votre besoin en trésorerie de départ et votre niveau de confiance dans le démarrage de l’activité.
- Envisager le CAPE si votre projet nécessite encore une phase de test avant immatriculation définitive.
- Compléter avec des subventions locales ou sectorielles : de nombreuses régions et collectivités proposent des aides spécifiques aux créateurs d’entreprise en complément des dispositifs nationaux.
Pour identifier toutes les aides auxquelles votre projet est éligible, utilisez EasySubvention qui centralise les subventions disponibles pour les PME et TPE françaises.
FAQ
Peut-on cumuler ACRE et ARCE ?
Oui, absolument. L’ACRE et l’ARCE sont deux dispositifs indépendants qui répondent à des logiques différentes. L’ACRE agit sur vos cotisations sociales en les réduisant, tandis que l’ARCE porte sur le versement anticipé de vos droits chômage. Non seulement ils sont cumulables, mais c’est souvent la combinaison la plus avantageuse pour un démarrage en force.
Que se passe-t-il si mon entreprise échoue ?
Si votre entreprise cesse son activité, votre situation dépend du dispositif choisi. En cas de maintien ARE, vos droits non consommés vous sont restitués et vous reprenez votre parcours France Travail normalement. En cas d’ARCE, le capital versé n’est pas récupérable, mais un reliquat de droits non versés peut parfois être réactivé sous conditions spécifiques. Dans tous les cas, contactez rapidement votre conseiller France Travail pour étudier vos options.
Quels sont les délais pour faire les demandes ?
- ACRE : à déposer auprès de l’URSSAF dans les 45 jours suivant la création. Passé ce délai, la demande est irrecevable.
- ARCE : à demander à France Travail dès l’immatriculation, avec l’extrait Kbis ou l’avis de situation SIRENE.
- Maintien ARE : à déclarer chaque mois à France Travail via l’actualisation mensuelle en indiquant vos jours d’activité.
L’ACRE est-elle automatique pour les micro-entrepreneurs ?
Depuis 2020, l’ACRE n’est plus automatique pour tous les micro-entrepreneurs. Elle est désormais réservée aux personnes répondant aux critères d’éligibilité listés plus haut. Si vous êtes demandeur d’emploi au moment de créer votre micro-entreprise, vous êtes bien éligible, mais la demande auprès de l’URSSAF reste obligatoire.
Conclusion
Les aides France Travail pour la création d’entreprise forment un écosystème cohérent et généreux qui mérite d’être pleinement exploité. ACRE, ARCE et maintien ARE ne s’opposent pas : ils se complètent selon votre situation personnelle et les besoins spécifiques de votre projet. Prenez le temps de calculer précisément l’option la plus avantageuse avant de vous lancer.
Et n’oubliez pas que ces dispositifs ne sont qu’un point de départ : d’autres subventions régionales, sectorielles ou européennes peuvent venir considérablement compléter votre plan de financement. Découvrez toutes les aides disponibles pour votre entreprise sur EasySubvention.